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Pratique de la thanatopraxie :
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Médecin des morts : Récits de paléopathologie :
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Ils voulaient vaincre la mort

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Ils voulaient vaincre la mort

Message par Kyrie le Jeu 23 Sep - 18:26

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Re: Ils voulaient vaincre la mort

Message par Eole le Jeu 23 Sep - 18:47

A propos d'Aldini dans ce lien, je vous propose ce texte que j'avais fait publier dans Résonance il y a déjà quelques temps....Bonne lecture!

Résumé :
Vincent Barras et Francesco Panese sont respectivement historien et sociologue des sciences ; l’un et l’autre ont abordé un sujet, celui du refus d’être rivé à une nature humaine dont la contrainte finale n’est autre que …La Mort !
On parlera alors d’utopie médicale de victoire sur la mort et c’est ce qu’ évoquèrent ces deux spécialistes dans un essai paru en 2006.

Un des premiers a avoir traité entre autre de ce sujet fut certainement Lord Francis Bacon dans son livre « La Nouvelle Atlandide » (Éditions Flammarion), Bacon y parle d’une société appelée la Royal Society of London for the Improvment Knowledge fondée en 1660 et qui avait pour but « de connaître les causes et le mouvement secret des choses afin de faire reculer les bornes de l’Empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles »

Quel programme me direz vous ! Mais ce programme n’était pas tout à fait utopiste puisque sa vocation première était de comprendre les maladies et surtout d’imaginer les maîtriser dans un futur proche.
L’utopie physiologique de ces quelques lignes relate les expériences galvaniques du début du XIX ème siècle de « résurrection expérimentale de la chair inanimée » qui conduira plus tard à la « réanimation contemporaine » (1).
En 1818, à Glasgow, un Médecin Anglais du nom de Andrew fit une série d’expériences sur un pendu immédiatement après son exécution afin d’observer un enchaînement d’observations physiologiques et pratiques.
Clydsdale, c’était le prénom du condamné était de taille athlétique, très musclé et âgé d’environ trente ans ; il fut apporté au théâtre anatomique près d’une heure après sa pendaison. Son visage était parfaitement naturel, ni livide ni tuméfié et son col n’avait éprouvé aucune dislocation.
La première expérience consista à pratiquer une large incision à la partie postérieure du col, juste sous l’occiput et on préleva la moitié postérieure de la vertèbre atlas afin de découvrir la moelle de l’épine. Puis les médecins firent une large incision à la hanche gauche pour mettre à nu le nerf sciatique et enfin, une petite ouverture fut faite au talon.
Ces incisions furent pratiquées dans le but d’y installer des conducteurs pointus en contact avec la moelle épinière afin que tous les muscles réagissent à la fois telle une convulsion qu’aurait pu avoir le corps de son vivant…


D’autres expériences de ce type furent tentées telle celle qui fut entreprise sur ce même cadavre et qui consistait à faire passer un courant électrique depuis la moelle épinière au nerf ulnaire près du condyle interne du coude. « On vit alors les doigts se mouvoir avec prestesse comme sur le manche d’un violon, lorsqu’on appliqua un des pôles des fils conducteurs à une légère incision faite à l’extrémité du doigt index (la main avait été préalablement fermée), on vit le doigt s’étendre à l’instant et cet effet, joint à l’agitation convulsive du bras […] produisant une illusion telle qu’on crut un moment le cadavre rappelé à la vie ».(2)

Ce type de procédé de réanimation par l’électricité d’un homme mort par pendaison était largement pratiqué durant le XIX ème siècle, l’un des plus célèbres fut Giovanni Aldini qui expérimenta nombre d’électrisations sur des corps, les plus connus furent la galvanisation de deux décapités à Bologne et d’un autre à Londres le 17 janvier 1803.
Aldini déclarait d’ailleurs que les résultats de ces expériences étaient bien plus probants sur des « corps d’hommes morts dans le plus haut degré de la conservation des forces vitales plutôt que de cadavres d’hommes morts naturellement dans lesquels la force de la maladie a tout détruit ».(3)
Deux « camps » de spécialistes s’affrontèrent alors, d’une part les partisans d’une « persistance du moi », du maintien d’une sorte de conscience après le couperet final d’où expliquent-ils la persistance de grimaces et autres gestuelles comme sur le pendu de Glasgow et d’autre part les partisans de la « mort instantanée » pour qui il est inconcevable que l’individu survive d’aucune manière que ce soit ne fut-ce que quelques secondes après la décapitation.
C’est ainsi que les débats sur les limites de la vie et de la mort furent débattus afin d’en percevoir les différentes étapes. Ces expériences furent l’ annonce de la médecine de réanimation et alimentèrent les débats sur la définition des seuils de la mort et de sa réversibilité.

La thanatologie (la science de la mort) , thème traité par Louis Vincent Thomas entre autre, trouve son apparition véritable suite à la deuxième guerre mondiale qui grâce à la culture des cellules aboutit à la possibilité de maintenir en vie des organes isolés et même dans certains cas des têtes animales.
Les premières unités de soin intensifs ont permis de proposer une nouvelle notion, celle de la respiration artificielle puis des toutes premières transplantations d’organes dont on s’aperçoit que le taux de réussite est plus élevé lorsque le cœur bat encore… Que dire des « comas dépassés », la médecine n’a eu de cesse de remettre en question nombre de ces critères en repoussant toujours plus loin les jalons qu’elle s’était fixés.
La mort se « médicalise » au fil du temps et c’est ainsi que Vincent Barras et Francesco Panese parlent d’une subjectivation du refus de la finitude de la vie naturelle, cette dernière conduit à rechercher la possibilité de la résurrection ou du moins à trouver des palliatifs à l’inéluctable dégradation du corps par la maladie ou le temps.

Certains d’entre nous vont jusqu’à conserver leurs propres cellules biologiques en prévision de possibles greffes autologues qui permettraient la renaissance future de tissus ou d’organes détériorés, le clonage de cellules nous a montré dernièrement que certains couples vont jusqu’à faire un second enfant pour sauver le premier d’une mort quasi certaine.

Ces pratiques ne seraient elles pas d’une certaine manière, une forme de victoire sur la mort ou sur les corps malades et que les expériences des docteurs Andrew et Galvani n’étaient pas si « utopistes » qu’on aurait pu le croire ?…

(1)M. Foucault, « La volonté de savoir », Éditions Gallimard
(2) Exposés d’expériences faites sur le corps d’un supplicié immédiatement après son exécution, suivi d’observations physiologiques et pratiques (Bibliothèque universelle des sciences, belles lettres et arts)
(3)G. Aldini, essai théorique et expérimental sur le galvanisme, avec une série d’expériences faites en présence des commissaires de l’Institut National de France et en divers amphithéâtres anatomiques de Londres (Éditions Fournier Fils, 1804)

Mots clés : utopie, thanatologie, électrisation, réanimation
Tous droits réservés Régis Narabutin, texte reproductible en citant la source.

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